Découvrez un texte, paru dans un blog de Libération, de Bertrand Tavernier sur TOUS AU LARZAC:
« Il y a d’abord tous ces visages qui crèvent l’écran. Ces visages dont la caméra, on le sent si bien, tombe immédiatement amoureuse, qu’elle n’a pas envie de lâcher tant ils impressionnent la pellicule, les visages de Léon Maillé, Marizette Tarlier, Michel Courtin, Christian Roqueirol, José Bové et pardon pour ceux que je ne cite pas.
Ces visages et ces voix. Chaudes, prenantes, qui savent raconter, qui semblent avoir assimilé, le poids, l’importance, la beauté des mots et qui vivent avec comme on vit à coté d’un arbre, d’une prairie, sous un ciel d’orage. Leur langue est drue, cocasse, chaleureuse, émouvante et fait paraître d’autant plus sec, plus racorni, plus pauvre le vocabulaire des politiques (qu’on entend d’ailleurs trop peu). « Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air » écrivait Georges Orwell. On peut penser que quelqu’un de décent comme Giscard D’Estaing s’est fait battre en 1981 à cause de son incapacité à écouter, à comprendre cette langue et la réalité qu’elle traduisait.
C’est qu’on entend ici le langage des gens qui sont sur le terrain, de ceux qui mettent les mains dans le cambouis. La langue des poilus de la guerre de 14/18, si déchirante, si concrète, ceux des appelés de la guerre d’Algérie, ces paysans, ces ouvriers, que j’ai filmé avec Patrick Rotman dans la GUERRE SANS NOM. Une langue qui se méfie des slogans, qui n’a pas envie d’être embrigadée.
A de nombreuses reprises, je me suis dit que Christian Rouaud avait du avoir drôlement du mal à dire « Coupez », à arrêter sa caméra. On le sent si à l’écoute de tous ses personnages, si à l’aise avec eux et si respectueux de leurs émotions, de leurs peines, de leurs joies. J’étais embarqué, je pouvais rester trois, quatre heures de plus pour partager plus longuement leurs espoirs et leurs désillusions, leur ténacité et leur extrême malignité : cette manière de faire tourner en bourrique l’adversaire, de le surprendre, d’avoir un coup d’avance sur lui réjouira tous les amateurs de l’Oiseau Mimi, le Roadrunner dans ses combats incessants contre le Vil Coyote. Ah le récit sur les déboires des gardes mobiles avec les brebis sur le Champ de Mars…
Et c’est vrai aussi que cette chronique de solidarité épique peut enchanter les amoureux du western. Tous les ingrédients sont au rendez vous : ces extraordinaires paysages, ces escarpements, ces ciels qui dévorent l’horizon ( lequel n’est jamais au centre de l’image comme le réclamait John Ford à ses chefs operateurs), ces arbres magnifiques, ces maisons isolées dans lesquelles on se barricade et qu’on défend coute que coute. Ces éleveurs qu’on veut chasser de leurs terres comme ces fermiers expropriés par des compagnies de chemin de fer. Dont on clôture les terres comme dans l’HOMME QUI N’A PAS D’ÉTOILE. Ou qui luttent contre le « progrès », les autoroutes et les camions comme dans SEULS SONT LES INDOMPTÉS (comme par hasard écrit par un scénariste progressiste et de gauche : Dalton Trumbo)
Ils ne courent pas les rues les films qui réchauffent autant le cœur des pauvres hommes, qui regardent le passé, constatent qu’il n’est pas mort, loin de là. Qu’il n’est même pas encore passé.. « Qui comprend le nouveau en réchauffant l’ancien peut devenir un maître », disait Confucius. »
Bertrand Tavernier
La minute culturelle est terminée, mais allez- y, vous serez requinqué pour un bon bout de temps !!!
Et dans notre ferme, quoi de neuf ?, la douceur du climat, les choux fleurs dont nous ne savons pas si nous en viendrons à bout un jour, les chevreuils qui ont dévoré les pains de sucre, les dernières fleurs de nos bandes fleuries….
Dans votre panier, cette semaine, vous aurez encore un chou fleur vert, je vous promet que c’est la dernière fois !!! Nous avons hésité de crainte de vous lasser, mais ils sont si bons et il n’y aura pas de chou fleur avant juin 2012. Mais vous aurez aussi des carottes, des poireaux, des radis noirs, du persil et une très belle frisée !!!
Les grands paniers ont des pommes de terre fondantes, du fenouil, des navets.
Que faire avec ce panier ??
Faites cuire votre chou fleur vert dans l’eau bouillante, il gardera mieux sa couleur. Nous le mangeons tout simplement avec un peu d’huile de noix ou, meilleur, de l‘huile de sésame ( vendue en petit flacon de 25 cl dans les magasins bios). cette huile est chère, mais on en utilise très peu. C’est un vrai régal avec un filet de poisson.
Lancez vous dans une bonne tarte aux poireaux. Faites fondre vos poireaux, lavés et coupés en rondelles, dans un peu d’huile d’olive. Pour faire une jolie note de couleur, faites aussi fondre une ou deux carottes râpées. La pâte à tarte se fait en cinq minutes, voici mon ratio que vous adapterez à la taille de votre moule : 1 cuillère à soupe d’huile d’olive pour 50 grammes de farine, un demi verre d’eau froide pour 250 gr de farine, du sel et des fantaisies comme des graines de sésame, du persil haché, des flocons de céréales à la place d’une dose de farine. Vous ne risquez rien à essayer …
Une garniture avec des oeufs, du fromage, ou de la crème, du sel, relevée de poivre, et au four pour à peine 45 minutes. N’oubliez pas de préchauffer votre four.
Avec la salade frisée, ce sera délicieux !!! et vous aurez mangé les radis noirs en rondelles, ou râpés avec des carottes en attendant que le repas soit prêt, avec une bière des Faucheurs, par exemple …